La Baie des Veys

La baie des Veys, déjà étudiée dans le programme BRANCH, est un territoire au carrefour d’enjeux multiples. L’estuaire, exposé au phénomène de submersion marine, pose la question de la gestion du trait de côte et des territoires situés sous le niveau marin.

Contexte

Située dans le département de la Manche, la baie des Veys est un secteur qui a été poldérisé depuis le milieu du XIXème siècle. Entre 1856 et 1972, ce sont plusieurs centaines d’hectares qui furent conquis sur la baie et protégés par environ 18 km de digues. Le phénomène de poldérisation s’est accompagné d’une diminution importante des surfaces de schorre. La dynamique sédimentaire a permis en 40 ans de reconquérir une trentaine de mètres de schorre. Or, ce gain de surface ne s’est pas accompagné d’un retour à « l’état initial » en terme de biodiversité.

La baie présente un ensemble de paysages variés : bocage, cultures, marais drainés de type bocager, marais drainés de type polder, polders cultivés ou non, cordon dunaire, herbus, plage.

C’est une zone d’accueil privilégiée pour la faune (phoque veau marin) et l’avifaune migratrice (Huîtrier pie, grand Gravelot, Bécasseau variable, Courlis cendré). Les enjeux identifiés sur ce site sont liés à la présence des digues protégeant les polders qui deviennent pour certains une source de discontinuité écologique entre le milieu intertidal et les habitats terrestres.

Le Conservatoire du littoral est propriétaire de 6 polders en baie des Veys pour une surface totale de 257 ha.

Résumé des enjeux

En raison de l’évolution naturelle de la baie et de l‘élévation du niveau de la mer, les enjeux naturels portent sur le fonctionnement écologique du site (avifaune migratrice), et plus particulièrement sur la restauration de la fonctionnalité de l’écosystème estuarien ainsi que son évolution géomorphologique. En effet, une montée du niveau de la mer s’accompagnerait d’une régression du schorre actuel.

Les enjeux en termes de gestion des usages portent sur la pérennité des activités économiques majeures de la Baie : la conchyliculture, la chasse (notamment sur le DPM), la gestion agricole et la pêche professionnelle (notamment les coques).

Travaux en cours et articulation avec LiCCo

Dans le cadre de LiCCo, l’ensemble des sites font l’objet :

  • d’une étude sur la fonctionnalité des milieux,
  • d’une approche diachronique de l’évolution du trait de côte et de l’occupation du sol,
  • d’une étude socio-économique,
  • d’une comparaison de méthode et de résultats en inter-site au niveau régional et inter-site au niveau transfrontalier,
  • et d’une évaluation de la fiabilité des données acquises, sur le long terme.

Les nombreuses études réalisées sur ce site, notamment le projet Branch permettent de disposer d’un grand nombre de données historiques (habitats terrestres, halieutique, benthos, avifaune, topographie). Ces données seront complétées par un premier suivi de l’écosystème et par une approche sociologique et permettront d’élaborer des outils de sensibilisation et de suivi adaptés.
L’objectif majeur de LiCCo sur ce site est de sensibiliser les acteurs locaux à anticiper les phénomènes globaux dans leur mode de gestion. Une première approche historique a été abordée en ce sens afin d’apporter un premier regard sur l’évolution du littoral sur ce site.

Partenaires LiCCo pour la baie des Veys

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