L’Estuaire de l’Exe

La population de l’estuaire de l’Exe est d’environ 180.000 personnes.  C’est un site important pour la vie sauvage, les transports, le tourisme, les loisirs et les entreprises de conchyliculture.

Dans l’estuaire, l’objectif du projet LiCCo est d’aider les communautés, les entreprises et les organisations locales à s’informer, à prévoir et à se préparer à l’évolution du littoral en lien avec le changement climatique.  Les actions du projet consistent à travailler avec ces groupes pour les sensibiliser aux problèmes et encourager leur participation effective aux procédures de prises de décisions, comme cela est fait dans le cadre de la stratégie de gestion des risques d’inondation et d’érosion côtière dans l’estuaire de l’Exe en cours actuellement.

Généralités sur le site

L’estuaire de l’Exe est en forme d’entonnoir. Il couvre 11 km de long et les divers habitats terrestres et aquatiques qui le composent, couvrent une surface de 3000 hectares sur la côte sud du Devon dans le sud-ouest de l’Angleterre. La ville d’Exeter se trouve à la limite nord du littoral et la station balnéaire d’Exmouth sur la rive Est, à l’extrémité avale de l’estuaire. La population de la zone de l’estuaire s’élève à environ 180.000 personnes dont 120.000 dans la ville d’Exeter à proprement dite.

Un banc de sable, Pole Sands et la langue sableuse de Dawlish Warren de 2 km de long protègent l’embouchure de l’estuaire en ne laissant qu’un étroit chenal pour la navigation et les courants de marées. L’estuaire comporte de grandes étendues de vasières et représente un site d’importance internationale de par ses habitats et ses oiseaux avec une population de plus de 20.000 individus venant hiverner. Ce site a été désigné Zone de Protection Spéciale, Zone Spéciale de Conservation et site Ramsar. Certaines parties de l’estuaire ont également été désignées comme site d’intérêt scientifique particulier, réserve naturelle nationale et réserve naturelle locale.

La forme de l’estuaire est imposée par les infrastructures de transport avec la traversée de l’autoroute M5 au nord de l’estuaire et le passage de la voie ferrée reliant le Devon et les Cornouailles au reste du Royaume-Uni, le long de la rive Ouest. A certains endroits, le remblai de la ligne ferroviaire fait office de défense contre les inondations en protégeant les propriétés juste en arrière comme à Starcross. Une ligne à voie unique suit aussi la rive est de l’estuaire et relie Exeter à Topsham et Exmouth et agit encore une fois comme ouvrage de défense à certains endroits. Les autres infrastructures importantes à risques en cas d’inondation comprennent les pylônes et les câbles électriques, un gazoduc, un entrepôt de pétrole et une importante station d’épuration des eaux usées de la ville d’Exeter à Countess Wear.

Le tourisme apporte une forte contribution à l’économie locale – les villes de Dawlish, Dawlish Warren et Exmouth sont toutes des stations balnéaires populaires auprès des résidents comme des visiteurs. L’estuaire est une ressource locale importante pour les loisirs – on y trouve cinq clubs de voiles et il est fréquenté par les ornithologues, pêcheurs, pêcheurs à pied, kitesurfeurs, jet-skieurs, randonneurs et cyclistes avec un chemin d’accès nouvellement créé le long de ses rives.

Les conchyliculteurs commerciaux travaillent dans l’estuaire et dépendent de la bonne qualité de l’eau et de sa position d’abri face aux tempêtes du large.  La plus grande partie des terres autour de l’estuaire sont des pâturages pour la production de viande de bœuf ainsi que quelques terres arables et des exploitations laitières.  Au cours des ans, des surfaces importantes de l’estran ont été conquises pour créer des terres agricoles, dont les marais d’Exminster et la basse vallée de la Clyst.  Diverses défenses côtières ont été construites pour protéger les terres, les entreprises et les propriétés résidentielles de la submersion marine, y compris une digue à Exmouth, une levée de terre à Powderham, des portes à flot à Lympstone et un enrochement au village de Dawlish Warren.

L’estuaire de l’Exe : Gestion des risques d’inondation

Le South Devon and Dorset Shoreline Management Plan (plan de gestion du littoral du Sud Devon et du Dorset) établit les politiques stratégiques de gestion du littoral dans cette région, au plus haut niveau. La Exe Estuary Flood and Coastal Erosion Risk Management Strategy (stratégie de gestion des risques d’inondation et d’érosion côtière dans l’estuaire de l’Exe) est au niveau immédiatement inférieur et elle est en cours de développement dans le cadre d’une procédure d’engagement des acteurs. Des options de gestion seront évaluées et proposées pour les zones autour de l’estuaire à court, moyen et long terme jusqu’en 2110.  Ces solutions recommandées pourraient entraîner des modifications importantes de la gestion actuelle des risques d’inondation et côtiers.

Au cours des 20 à 100 prochaines années, des habitats côtiers pourraient être perdus du fait de l’élévation du niveau de la mer et du pincement de la zone côtière causé notamment par la présence des ouvrages de défenses contre la mer en haut de plage.  La création d’habitats compensatoires sera requise pour assurer le maintien de statut de Zone de Protection Spéciale de l’estuaire de l’Exe, comme l’exige la directive européenne sur les habitats. L’identification des sites adéquats pour la création d’habitats requiert de longues négociations avec les résidents et les propriétaires potentiellement affectés.

L’estuaire de l’Exe : Problèmes clés

Bien que couvrant une surface relativement limitée, l’estuaire de l’Exe peut être considéré comme un microcosme des questions de gestion des risques d’inondation au Royaume-Uni. Par exemple, les résidents, les propriétés et les infrastructures doivent tous être protégés, les réseaux de transport stratégiques doivent être maintenus et la biodiversité riche et diverse doit être préservée, tout en s’assurant de la disponibilité continuelle des installations de loisirs et des aménagements de l’estuaire qui supportent le tourisme et stimulent l’économie locale.
La langue sableuse de Dawlish Warren est un site complexe. Il requiert une attention particulière pour la conservation de la nature mais un terrain de golf et des installations sur la plage attirent des milliers de touristes chaque année. La langue sableuse joue également le rôle de défense contre les inondations de l’intérieur de l’estuaire et protège des villages comme Starcross et Lympstone des  tempêtes. Cependant, la langue de sable ne peut plus évoluer naturellement parce qu’elle est fixée par un ensemble de paniers remplis de rochers enfouis sous les dunes de sables et par des brise-lames le long de la plage, installés dans les années 60. Le profil de cette plage, très usitée par les touristes s’accentuent à chaque tempête qui emportent le sable. Les phénomènes naturels liés aux dérives littorales apporteraient normalement du sable pour régénérer ces pertes en sédiments sur la plage, si les falaises le long de la côte plus à l’ouest pouvaient toujours alimenter cette plage plus en val en sédiments. Cependant, la voie ferrée passe au pied de ces falaises et elle est protégée par une digue qui bloque l’apport en sédiments, des sables ici. Cette plage a une grande importance pour l’économie locale liée notamment à la présence de parcs à caravanes situés plus en retrait. Les enjeux sont donc importants pour maintenir la plage et assurer l’apport de sable, cette plage assurant des revenus issus du tourisme régional.

Les défenses qui protègent la voie ferrée contre les inondations se détériorent à Powderham Banks et l’élévation du niveau de la mer signifie que les risques d’inondation augmenteront à cet endroit si des travaux coûteux ne sont pas entrepris. Les talus qui protègent la voie ferrée offrent une protection seulement pour quelques propriétés. La question de savoir qui doit payer pour les travaux à cet endroit est d’importance et s’inscrit dans un débat national.

L’existence dans l’estuaire de sites soumis à la réglementation sur les habitats, restreint les futures options de gestion des risques d’inondation. Toute perte d’habitats causée par la maintenance et l’amélioration des défenses contre les inondations doit être compensée conformément à la loi internationale en créant des habitats compensatoires équivalents. Idéalement, ce nouvel habitat doit être créé dans les limites du même système local et doit être opérationnel avant que l’habitat existant soit perdu. Ceci entraîne un délai d’exécution long pour la création de l’habitat et le nombre de sites appropriés étant limité dans l’estuaire, des négociations en temps voulu avec les propriétaires potentiellement affectés sont la clé du succès de cette opération. Des sites dans la basse vallée de la Clyst, dans les marais d’Exminster et au lieu-dit The Maer à Exmouth, pourraient convenir à la création d’habitats à moyen ou long termes, si un accord peut être convenu entre toutes les parties concernées.

Partenaires de LiCCo pour l’estuaire de l’Exe

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