La gestion du domaine du Conservatoire du littoral

Lorsque seul le domaine du Conservatoire est concerné et que les digues lui appartiennent, la politique de gestion des digues, leur renforcement éventuel dépend des objectifs de gestion des espaces naturels acquis et des possibilités de les faire évoluer.

L’intérêt paysager d’un site, son histoire, les activités qui s’y déroulent,  peuvent conduire à des approches très différenciées. Le Conservatoire n’exclut alors aucune solution et cherche en priorité à accompagner  les évolutions naturelles plutôt qu’à s’y opposer en maintenant ‘’coute que coute’’ le trait de côte. Il cherche également à se donner le temps d’aboutir à une vision partagée des enjeux et des solutions d’aménagement possibles.

Pour apprécier chacune des situations, le Conservatoire s’appuie sur les 3 axes d’analyse suivants :

  • Au plan de l’écosystème : analyser les gains et pertes en termes de contribution au milieu marin d’une part, et de qualité des écosystèmes terrestres d’autre part,
  • Au plan paysager et culturel : prendre en compte l’identité locale, l’acceptabilité sociale des projets, le facteur temps,
  • Au plan économique : analyser et comparer les coûts de protection / coûts de relocalisation des activités protégées.

Lorsque d’autres enjeux sont concernés en dehors du domaine

A contrario, lorsqu’une digue, ou une structure naturelle en faisant office (dune par exemple), qu’elle appartienne ou non au Conservatoire, protège d’autres intérêts économiques situés sur des espaces ne lui appartenant pas, le Conservatoire s’en remet aux autorités locales : collectivités et Etat. En effet, dans de tels cas il ne lui appartient plus de décider seul. Son avis donné, il revient dès lors à l’Etat de définir les règles et de décider si telle ou telle digue doit être renforcée, améliorée. Cependant, il n’est alors ni maître d’ouvrage, ni financeur, ni « propriétaire » des ouvrages créés  et ne saurait s’opposer aux décisions prises dans un cadre réglementaire. Il en est allé ainsi par le passé sur différents domaines du Conservatoire.

Là où des stratégies différentes de celles du Conservatoire pour ses propres terrains sont décidées, le Conservatoire du littoral autorise et autorisera la réalisation de protection contre la mer dès lors que l’Etat les jugera d’intérêt général, mais il ne saurait être dans l’obligation de les réaliser ou de les financer pour  protéger son propre domaine.